Antoine Emond Game Culture, Web, Marketing, High Tech

4oct/090

I love oldies #1 – SeGaGaGa, entre cynisme et onirisme

Parmi tous les jeux que je possède ou auxquels j'ai pu m'essayer, et dont je traiterai dans cette série de billets courts "I love oldies", existe un OVNI dénommé SeGaGaGa. Sorti en mars 2001, pile-poil lorsque la fabrication de la console Dreamcast était stoppée et alors que Sega s'apprêtait à se retirer du business de constructeur de consoles de jeux, SeGaGaGa - ou SGGG - est l'un des titres les plus incroyables de toute l'histoire ludo-numérique.

Revenons quelques instants en arrière. L'hiver 2000 est une période charnière pour Sega. La PlayStation 2, sortie depuis quelques mois, rattrape très vite son retard en termes de parc installé sur la pionnère des consoles 128 bits. La Dreamcast propose pourtant une ludothèque bien meilleure - à l'époque - et des capacités techniques en mesure de faire de l'ombre à la PS2, réputée pour être très difficilement exploitable par les développeurs. Dans les faits, la Dreamcast permet depuis plusieurs mois de jouer en ligne, et les différents titres sortis simultanément sur PS2 et DC rendent hommage à la dernière console de Sega avec des graphismes, un framerate et des couleurs souvent meilleurs.

SeGaGaGa, Dreamcast, 2001

SeGaGaGa, Dreamcast, 2001

Hélas, les qualités de la Dreamcast ne font pas tout, et ce qui est vu par les fanatiques de Sega comme la "propagande" publicitaire de Sony ainsi que l'attachement populaire autour de la marque PlayStation font le reste. Shenmue, le projet le plus pharaonique que le jeu vidéo n'ait jamais connu, n'y pourra rien, enfonçant même encore plus la firme de l'échidné dans le trou qu'elle avait commencé à creuser depuis l'échec de la Saturn en occident. Depuis début 2001, et la mort de Sega en tant que constructeur, les joueurs ne reconnaissent plus le génie de la bouillante compagnie asiatique : seuls quelques rares titres comme Panzer Dragoon Orta ou Jet Set Radio Future font illusion, au milieu de jeux "bons mais sans plus", loin du lustre d'antan.

Bref, en mars 2001, on célèbre la "mort" de Sega. Et comment la célèbrer avec plus de cynisme qu'avec SeGaGaga ?

Le jeu, développé dans le plus grand des secrets par Hitmaker durant près de deux ans (il fut un temps où les autres divisions et la direction de Sega ne soupçonnaient pas même son existence), est ni plus ni moins qu'une "simulation Sega".  Le titre de Tez Okada propose un concept qui n'est que très peu éloigné de la réalité d'alors : Sega rencontre des difficultés insurmontables et sa part de marché s'est réduite à peau de chagrin, seulement 3% au niveau mondial. La faute à une société tentaculaire répondant au nom de Dogma Corporation... Afin de sauver sa société, le président de Sega choisit d'activer un plan secret, SeGaGaGa, et de confier les rênes de la compagnie à des gamins rencontrés dans la rue. Ces derniers sont chargés de redonner des couleurs aux courbes de vente en s'appuyant sur un levier principal : créer les meilleurs titres possibles.

SeGaGaGa est un jeu à des années-lumière du conformisme ambiant, volontairement sarcastique sur l'univers du jeu vidéo et ses poncifs (des développeurs exploités, une direction oppressante, une équipe marketing déconnectée de la réalité... ) et très cynique envers la situation de Sega. L'une des premières répliques de ce jeu hautement politique donne le ton :

  • "Ce sont des portes gigantesques ! Elles sont là pour empêcher les intrus de pénétrer ?"
  • "Non. Elles sont faites pour conserver nos employés à l'intérieur."

Plein d'allusions historiques, geeks, otaku, et plus largement à la "culture Sega", le titre de Hitmaker est une mine d'or pour les passionnés de l'univers du jeu vidéo. Il se présente sous la forme d'un mix entre un jeu de rôle et un jeu de gestion. Inutile d'y jouer sans comprendre le japonais ou avoir un ami sachant parler japonais à vos côtés, et sans une bonne culture du jeu vidéo... tant nombre de répliques sont marquées par un second degré acide !

Voici quelques liens et éléments utiles pour que vous puissiez continuer votre découverte de SeGaGaGa :

  • La vidéo d'introduction du jeu :

Introduction de SeGaGaGa (Dreamcast, 2001)

 

13sept/090

Sexe et consoles de jeu : faites la guerre, pas l’amour

Un article associant jeu vidéo et sexe à la fois sérieux, documenté, et qui ne verse pas dans le puritanisme, c'est possible ? Oui. Cécile Gilbert, alors Rédactrice en Chef de GameBible.biz, l'a écrit en mars 2008. Encore merci Cécile pour cet excellent article qui, sur le sujet, reste l'une des références un an et demi après.

À l’heure où les jeux vidéo sont en pleine évolution, et s’orientent vers une immersion du joueur de plus en plus importante, notamment grâce aux nouvelles formes d’interactivités proposées par les consoles de nouvelle génération, on pourrait s’attendre à ce que tous les pendants ludiques, aptes à intéresser un marché important, soient représentés. Cependant, force est de constater qu’il n’en est rien.

Si la censure frappe assez durement les titres considérés comme trop violents, une sorte de pudibonderie générale semble régner sur l’industrie vidéoludique, alors même que tous les médias s’accordent à relater la récente expansion d’un marché déjà bien ancré dans notre siècle, celui du sexe. En effet, outre les traditionnels films X, habituellement réservés à un public plutôt masculin, dont le succès n’est plus à démontrer, l’industrie du sexe semble briser les tabous et de nouveaux produits en vogue, répondant à des demandes différentes et résolument décomplexées, sont commercialisés, tant dans les sex shop spécialisés que dans les catalogues généralistes et tout à fait convenables de vente par correspondance, en passant par les boutiques de lingerie.

Le couple contemporain ayant décidé d’accepter à visage découvert les multiples voies menant à la recherche du plaisir, on peut se demander pourquoi les loisirs interactifs restent résolument fermés à cette nouvelle vague, malgré de rares initiatives sur PC, pourtant porteuse de belles opportunités en terme de ventes. La situation n'est pas la même en Orient, où ce marché semble mieux accepté, et en Occident, où le spectre de la censure réfrène toute initiative officielle.

Hizashi no Naka sur DS, entre simple évocation et contenu éloquent
Hizashi no Naka sur DS, entre simple évocation et contenu éloquent
13sept/090

Que recherchez-vous dans un jeu video ?

Cyril Solbiac, rédacteur du site GameBible.biz dont je suis le fondateur, m'avait proposé en avril 2008 un article assez disruptif sur le jeu vidéo. Son ambition : "classifier" les joueurs suivant leur rapport aux jeux vidéo. Hardcore gamers, évasifs, peureux, glandeurs, brutes... vous faites sans doute partie de l'une de ces catégories de joueur. :)

Le Hardcore Gamer, ou la maladie de l'égo mal placé

Vous appartenez sûrement à cette catégorie si l'évocation du mot difficulté vous donne des frissons. Pour vous, facilité rime avec ennui et fait perdre un point à un jeu dans votre estime. Et à chaque fois que vous lisez un test qui critique la difficulté, vous ne pouvez vous empêcher d'esclaffer goulûment. Avec le sarcasme caractéristique de l'élite qui va de pair : « Quelle bande de noobs, ces journalistes ! ». Vous avez une nette préférence pour les titres qui récompensent le joueur de son dur labeur. Nouveaux costumes, nouvelles fins, nouvelles musiques, tout vous fait plaisir. En plus de la satisfaction personnelle que vous ressentez lors de la défaite du Boss de fin en very hard. Vous possédez un égo très mal placé au point de mettre la difficulté au plus haut aux premiers contacts avec la bête par pêché d'orgueil. Avantage : c'est celui-ci qui vous permet de ne pas abandonner en pleine partie face à cette I.A. insurmontable et tricheuse. Désavantage : vos chevilles enflent, vous sentez que le jeu vous nargue dès la troisième partie de perdue. Dans un autre cas, bien plus rare, en tant que hardcore gamer, vous vous imposez des handicaps pour vous transcender. Cela va de finir ce shoot'em up en mode deux joueurs avec les pieds, à arriver au niveau final de ce beat'em all, avec deux coups, le plus rapidement possible, etc. Puis, une fois le challenge accompli avec succès, un petit tour sur Youtube ou DailyMotion pour se faire mousser : « T'es trop fort, mec ! Respect. » Spirale infernale. Vous vivez grâce aux autres. En dehors de ça, le jeu vidéo s'apparenterait à un sport. De fait, vous vous entraînez durement, sans oublier votre plaisir, à Virtua Fighter 5 pour participer au Stunfest, un grand tournoi à Rennes, par exemple. Avec l'espoir tacite de remporter la première place. Votre désir de gloire est votre pire ennemi. Préparez-vous à tomber de haut.

  • Lire l'article complet sur GameBible.biz
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